Compléments alimentaires endurance : course à pied, marathon et trail

le avr. 17 2023
Sommaire

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    Un coureur qui prépare son premier marathon se retrouve devant un rayon où tout promet quelque chose. La réponse tient pourtant en trois lignes : des glucides pendant l'effort, du sodium dans la boisson, et un bilan sanguin si vous êtes fatigué en permanence. Le reste est secondaire, et une partie ne sert à rien du tout.

    Ce guide passe en revue les compléments alimentaires endurance qui ont une utilité démontrée, dans quel ordre et à quelles quantités. Et il dit aussi, sans détour, ce que nous ne vous conseillons pas d'acheter.

    Complément alimentaire endurance : les trois choses qui comptent vraiment

    Sur un effort long, ce qui vous fait ralentir n'a rien de mystérieux :

    • Vous manquez de carburant. Les réserves de glycogène tiennent 90 à 120 minutes à allure soutenue. Au-delà, si rien n'entre, l'allure tombe.
    • Vous perdez du sel. La transpiration emporte de 0,5 à 1,5 g de sodium par litre, et boire de l'eau pure ne le remplace pas.
    • Vous manquez de fer sans le savoir. C'est propre aux sports d'endurance, et c'est de loin la cause la plus fréquente de fatigue inexpliquée chez le coureur régulier.

    Tout le reste — acides aminés, antioxydants, brûleurs, complexes divers — arrive après ces trois-là, et très loin derrière. C'est le point que la plupart des guides sur la nutrition du sport d'endurance passent sous silence, parce qu'il ne fait vendre personne.

    Les glucides : combien par heure de course

    C'est le seul point sur lequel les recommandations sont à la fois précises et solides.

    • Effort de moins d'une heure — rien n'est nécessaire. De l'eau suffit.
    • De 1 à 2 h 30 — 30 à 60 g de glucides par heure.
    • Au-delà de 2 h 30 — jusqu'à 90 g par heure, mais uniquement si vous mélangez deux sources.

    Pourquoi mélanger glucose et fructose

    C'est le détail qui fait la différence sur les longues distances, et peu de coureurs le connaissent. Le glucose passe la barrière intestinale par un transporteur qui sature autour de 60 g par heure. Le fructose emprunte un transporteur différent, qui n'est pas saturé. En combinant les deux dans un rapport d'environ 2 pour 1, l'absorption totale peut monter à 90 g par heure sans surcharger l'intestin.

    Concrètement : une boisson qui n'apporte que de la maltodextrine plafonnera vers 60 g. Au-dessus, le surplus reste dans l'intestin — et c'est exactement là que naissent les problèmes digestifs du marathon.

    Quel glucide choisir

    Olimp Carbonox, complexe de glucides à trois sources pour l'effort d'endurance

    • Olimp Carbonox — un complexe à plusieurs sources de glucides, ce qui correspond exactement à la logique décrite plus haut. C'est le produit le plus adapté aux sorties longues dans notre rayon.
    • IO Genix Cyclic Dextrin — une dextrine hautement ramifiée, qui quitte l'estomac rapidement et pèse peu sur la digestion. C'est l'option des estomacs sensibles. Nous détaillons son intérêt dans notre article sur le Cluster Dextrin à l'effort.
    • La maltodextrine — la solution la plus économique, parfaite jusqu'à 60 g par heure. Au-delà, il lui faut une seconde source.
    • Le waxy maize — un amidon de maïs cireux, à digestion plus lente, plutôt pour l'avant-effort.

    Avant la course, c'est autre chose : un glucide lent au petit-déjeuner passe mieux qu'un sucre rapide. La crème de riz et la farine d'avoine sont faites pour ça, trois heures avant le départ.

    Les électrolytes : le sodium avant tout

    Le sodium est le seul électrolyte dont la perte est vraiment massive à l'effort, et c'est le seul dont le remplacement change quelque chose pendant la course. Le magnésium, le potassium et le calcium comptent — mais sur la journée, pas sur l'heure qui passe.

    Le repère : 300 à 700 mg de sodium par litre de boisson. Plus si vous transpirez beaucoup, s'il fait chaud, ou si vous retrouvez des traces de sel blanc sur votre visage après la sortie — c'est le signe d'un sudeur salé.

    Le vrai danger : boire trop d'eau pure

    Il faut le dire clairement parce que l'intuition va dans l'autre sens. Sur les marathons, l'hyponatrémie — un sodium sanguin trop bas — est un accident plus fréquent que la déshydratation sévère, et il touche en priorité les coureurs lents et prudents, ceux qui boivent à chaque ravitaillement « pour être sûrs ». Diluer son sang en buvant beaucoup d'eau sans sel est un vrai risque médical.

    Boire selon la soif, avec du sodium dedans : c'est la consigne.

    RYSE Hydration Sticks, sticks d'électrolytes à diluer pour la course à pied

    Tout le rayon est ici : électrolytes. Et le détail de ce qu'on perd et de ce qu'on remplace est dans notre article sur l'hydratation du sportif.

    Le fer : le point aveugle du coureur

    C'est la partie de ce guide que nous aimerions que vous reteniez, parce que c'est celle où l'on voit le plus de gens passer à côté.

    La course à pied fait baisser le fer par trois mécanismes propres à cette discipline : l'hémolyse d'impact (les globules rouges écrasés sous la plante du pied à chaque foulée), les pertes digestives minimes mais répétées, et l'hepcidine, une hormone qui grimpe après l'effort intense et bloque temporairement l'absorption du fer alimentaire.

    Le résultat est un tableau très reconnaissable : essoufflement anormal, jambes lourdes, allure qui ne progresse plus malgré l'entraînement, fatigue qui ne passe pas au repos. Les femmes réglées et les coureurs végétariens sont les plus exposés.

    Mais — et c'est important — ne vous supplémentez pas en fer sans dosage sanguin. Un excès de fer n'est pas anodin, et la ferritine se mesure en cinq minutes chez votre médecin. Faites doser la ferritine avant de prendre quoi que ce soit. Nous ne vendons pas de fer, et sur ce point précis nous vous renvoyons à un professionnel de santé, pas à un rayon. Si le sujet vous intéresse, notre article sur le fer bisglycinate explique pourquoi les formes chélatées sont mieux tolérées.

    Le magnésium

    IO Genix Magnésium Bisglycinate, magnésium chélaté Albion

    Deux allégations sont autorisées en Europe et elles suffisent : le magnésium contribue à une fonction musculaire normale et au métabolisme énergétique normal. C'est précis, c'est validé, et ça correspond à ce qu'un coureur en attend.

    Les besoins augmentent avec le volume d'entraînement et les pertes sudorales. Comptez 200 à 400 mg par jour, le soir de préférence. La forme compte pour le confort digestif : le bisglycinate est mieux toléré que l'oxyde, nettement moins cher mais laxatif.

    IO Genix Magnésium Bisglycinate, Nutriting nuMagnesium, et tout le rayon magnésium. Le comparatif des formes est dans notre article magnésium bisglycinate.

    Vitamines et marathon : ce qui est utile, ce qui est contre-productif

    Un entraînement de marathon augmente les besoins, mais il ne les multiplie pas. Une multivitamine couvre les écarts d'une alimentation imparfaite, elle ne remplace pas une assiette correcte : Nutriting nuPower.

    La vitamine D mérite une mention à part : le déficit est fréquent en France l'hiver, et elle contribue à une fonction musculaire normale et au maintien d'une ossature normale — ce qui compte quand on encaisse des volumes de course élevés.

    Les oméga 3 : l'EPA et le DHA contribuent à une fonction cardiaque normale à partir de 250 mg par jour. Voir le rayon oméga 3.

    L'erreur des antioxydants à forte dose

    Voici un point contre-intuitif, et c'est probablement le conseil le plus utile de cette section. La vitamine C et la vitamine E contribuent bien à protéger les cellules contre le stress oxydatif — c'est une allégation autorisée. Mais plusieurs travaux montrent qu'à forte dose et en prise continue, elles émoussent les adaptations à l'entraînement.

    La raison est logique : c'est en partie le stress oxydatif de l'effort qui déclenche les adaptations — mitochondries, capillaires, enzymes. Le neutraliser systématiquement revient à effacer une partie du signal. Restez donc dans les apports de référence, et gardez les fortes doses pour les périodes de surcharge ou de maladie, pas pour la préparation.

    Ce que nous ne conseillons pas d'acheter pour le sport d'endurance

    Un magasin qui ne dit jamais non n'est pas un magasin de conseil. Voici ce qui, pour un coureur, ne mérite pas votre budget en priorité.

    • Les BCAA. Si votre apport en protéines est correct sur la journée, leur intérêt propre est très faible. Les EAA, qui apportent les neuf acides aminés essentiels, sont un meilleur choix si vous y tenez.
    • La glutamine. Aucune allégation autorisée en Europe : ni immunité, ni récupération, ni intestin. Les données solides portent sur des patients hospitalisés, pas sur des coureurs.
    • La L-carnitine. Son rôle dans le transport des acides gras est réel, mais l'EFSA a rejeté les demandes d'allégation, et la supplémentation ne fait quasiment pas bouger les concentrations musculaires chez quelqu'un qui mange normalement.
    • La coenzyme Q10. Rôle établi dans la chaîne respiratoire mitochondriale, aucune allégation autorisée, résultats contrastés chez le sportif. Voir le rayon si le sujet vous intéresse, mais ce n'est pas par là qu'on commence.
    • Les polyphénols — quercétine, resvératrol, curcumine. Beaucoup étudiés, beaucoup vendus, aucune allégation obtenue.
    • La créatine, en endurance pure. Elle sert sur les efforts très courts et très intenses. Elle a un intérêt si votre discipline comporte des relances ou du fractionné, aucun sur un marathon régulier — et elle fait prendre un à deux kilos d'eau, ce qui n'aide pas sur 42 km. Tout est expliqué dans notre guide de la créatine.

    Une exception à cette liste : la bêta-alanine, si vous faites du fractionné ou des courses courtes et intenses. Elle agit sur les efforts d'une à quatre minutes, pas sur le fond. Voir notre article bêta-alanine : dose et cure.

    Que prendre selon la distance

    Les besoins d'un coureur n'ont rien à voir d'une distance à l'autre. Un pratiquant de running qui sort trois fois par semaine sur 8 km n'a besoin de rien pendant l'effort ; un marathonien, si. Voici les repères.

    10 km et moins

    Rien pendant la course. L'effort dure moins d'une heure, vos réserves suffisent. Un petit-déjeuner correct deux à trois heures avant, de l'eau, c'est tout. Tout ce qu'on vous vendra pour un 10 km relève du confort, pas de la performance.

    Semi-marathon

    On est à la limite des réserves : entre 1 h 15 et 2 h 30 selon le niveau. Pas de surcharge glucidique nécessaire. Un apport de 30 g de glucides vers le 10ᵉ kilomètre suffit largement, surtout si vous courez plus de deux heures. Une boisson avec du sodium plutôt que de l'eau pure.

    Marathon

    C'est là que la nutrition devient un facteur de performance à part entière, au même titre que l'entraînement.

    • J-3 à J-1 — surcharge glucidique, 8 à 10 g de glucides par kilo de poids corporel et par jour, avec un volume d'entraînement réduit.
    • Jour J, 3 heures avant — un petit-déjeuner riche en glucides, pauvre en fibres et en graisses. Rien de nouveau ce matin-là.
    • Pendant — 60 à 90 g de glucides par heure à partir de la première heure, avec deux sources, et du sodium dans la boisson.
    • Après — glucides et protéines dans l'heure, et réhydratation avec du sel, pas de l'eau seule.

    Trail et ultra

    Les durées longues changent la donne : l'estomac devient le facteur limitant avant les jambes. On fractionne davantage, on alterne liquide et solide, et on abaisse la concentration en glucides des boissons. Les pertes de sodium deviennent le premier point de vigilance, devant les glucides.

    Les quatre erreurs qu'on voit le plus souvent

    • Tester un produit le jour de la course. C'est la première cause d'abandon pour problème digestif. Tout ce que vous avalerez le jour J doit avoir été essayé au moins trois fois à l'entraînement, à la même allure.
    • Boire beaucoup d'eau pure. Voir plus haut : c'est un risque médical réel sur les longues distances, pas une précaution.
    • Prendre du fer sans dosage. Le bon réflexe est la prise de sang, pas le rayon.
    • Empiler les compléments et négliger l'assiette. Aucun produit ne rattrape un apport glucidique insuffisant sur la semaine ni un manque de sommeil. La récupération se joue d'abord là.

    Où trouver tout ça

    Tous les produits cités sont en stock et disponibles sur le site ou à la boutique de Vendargues, près de Montpellier — retrait prêt sous 2 heures, et toute commande passée avant 14 h part le jour même.

    Si vous préparez un objectif et que vous ne savez pas par où commencer, passez au comptoir avec vos dates. C'est plus efficace qu'un panier rempli au hasard, et nous vous dirons aussi ce dont vous n'avez pas besoin.

    Questions fréquentes sur les compléments pour l'endurance

    Quel complément alimentaire pour l'endurance ?

    Dans l'ordre : des glucides pendant l'effort au-delà d'une heure (30 à 60 g par heure, jusqu'à 90 g avec deux sources), du sodium dans la boisson (300 à 700 mg par litre), et un contrôle de la ferritine en cas de fatigue persistante. Le magnésium et une multivitamine complètent utilement. Le reste est optionnel.

    Quel complément alimentaire pour la course à pied ?

    Les mêmes, avec une vigilance particulière sur le fer : la course provoque une hémolyse d'impact que les autres sports d'endurance ne connaissent pas. Faites doser votre ferritine une fois par an si vous courez régulièrement.

    Quels compléments pour un marathon ?

    Une source de glucides à deux sucres pour atteindre 60 à 90 g par heure, une boisson sodée, et une surcharge glucidique sur les trois derniers jours. Tout doit avoir été testé à l'entraînement. Rien de nouveau le jour J.

    Combien de glucides par heure de course ?

    30 à 60 g par heure jusqu'à 2 h 30 d'effort. Au-delà, jusqu'à 90 g par heure, mais uniquement en mélangeant glucose et fructose : un seul sucre sature le transporteur intestinal vers 60 g et le surplus reste dans l'intestin.

    Faut-il des électrolytes pour courir ?

    Au-delà d'une heure d'effort, oui, et surtout par temps chaud. Le sodium est le seul qui compte vraiment pendant la course : 300 à 700 mg par litre. Boire de l'eau pure en grande quantité sur un marathon expose à l'hyponatrémie.

    Quelles vitamines pour un marathon ?

    Une multivitamine couvre les écarts, la vitamine D mérite un contrôle en hiver, et les oméga 3 contribuent à une fonction cardiaque normale à partir de 250 mg par jour. Évitez en revanche les fortes doses de vitamines C et E en continu : elles peuvent freiner les adaptations à l'entraînement.

    Les BCAA servent-ils en endurance ?

    Très peu, si votre apport en protéines est correct sur la journée. Des EAA complets sont un meilleur choix. Ce n'est pas par là qu'il faut commencer.

    La créatine est-elle utile pour la course à pied ?

    Pas sur l'endurance pure : elle agit sur les efforts très courts et très intenses, et elle fait prendre un à deux kilos d'eau. Elle peut se justifier si votre préparation comporte du fractionné court ou des relances.

    Pourquoi ai-je mal au ventre pendant mes sorties longues ?

    Le plus souvent parce que la boisson est trop concentrée en glucides, ou parce que vous dépassez 60 g par heure avec une seule source de sucre. Diluez davantage, passez à un mélange à deux sucres, et testez à l'entraînement avant la course.

    Faut-il prendre du fer quand on court ?

    Seulement après un dosage sanguin. La course fait baisser le fer par hémolyse d'impact, mais un excès de fer n'est pas anodin. Faites doser la ferritine et suivez l'avis de votre médecin.

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